sorbonne universite

Transnum

Penser les transformations du / par le numérique

L’édi­tion 2017 du pro­gramme Transnum a per­mis l’or­gan­i­sa­tion et l’an­i­ma­tion par Pauline Brouard et Guil­laume Heuguet (doc­tor­ants au GRIPIC), sur une sug­ges­tion de Joëlle Le Marec, d’un sémi­naire réservé aux doc­tor­ants de Sor­bonne Université. 

Le sémi­naire s’est con­stru­it à par­tir d’un appel à con­tri­bu­tion sous le titre “Faire avec le numérique dans la recherche : matéri­aux et milieux”, du repérage des recherch­es en cours en lien poten­tiel à tra­vers une recherche par mots-clefs sur le fichi­er nation­al des thès­es, à tra­vers des vis­ites des lab­o­ra­toires de Sor­bonne Uni­ver­sité et les rela­tions d’in­ter­con­nais­sances (logique “boule de neige”) à par­tir des pre­miers inter­venants, offrant un aperçu for­cé­ment par­tiel de la recherche doc­tor­ale intéressée par ces thé­ma­tiques.

Le sémi­naire a évolué entre ques­tions de recherche et de méthodolo­gie, for­mats d’ate­lier / auto-for­ma­tion et partage d’ex­péri­ences des rela­tions entre le “dedans” et le “dehors” de l’U­ni­ver­sité. Il a per­mis de crois­er non seule­ment les objets con­crets et sci­en­tifiques mais les dis­ci­plines, les par­cours et les pos­tures des doctorants. 

Il aura été l’oc­ca­sion d’un partage des réflex­ions sur des enjeux et des méth­odes : place de la quan­tifi­ca­tion et des prob­a­bil­ités dans la médecine, étude de con­tro­ver­s­es, analyse de la presse et des gen­res de dis­cours, brico­lage dans le tra­vail de cor­pus et de terrain. 

Il aus­si révélé des con­di­tions partagées en lien avec la thé­ma­tique “numérique”, occa­sion­nant des dis­cus­sions sur la mise à l’a­gen­da académique de thé­ma­tiques liées aux inno­va­tions économiques, le rap­port aux “oppor­tu­nités de cor­pus mas­sifs” et aux com­man­des de développe­ment d’outils, ou encore la manière de vivre les col­lec­tifs, les lieux et les espaces de la recherche selon qu’on tra­vaille sur des archives, avec des équipes inter­dis­ci­plinaire, ou entre l’U­ni­ver­sité et des milieux artis­tiques et militants.

Ces dis­cus­sions ont béné­fi­cié de l’ex­is­tence d’un espace autonome qu’a con­sti­tué un sémi­naire de doc­tor­ants à des­ti­na­tion de doc­tor­ants.

Les présen­ta­tions qui per­me­t­taient d’ini­ti­er les séances ont été doc­u­men­tées (voir le blog Hypothès­es dédié : semi­doc­num).

Les activ­ités du sémi­naire ont fait l’ob­jet de com­mu­ni­ca­tions lors des col­lo­ques Cul­tures de l’en­quête et Transnum : penser le numérique comme trans­for­ma­tion. Le texte ci-dessous est un extrait des notes qui ont servi de sup­port à ces communications.

Une hétérogénéité des objets et des problématiques

Les doc­tor­ants invités dans le cadre du sémi­naire nous invi­tent à repenser « le numérique » par la liste des matéri­aux et ter­rains d’étude con­crets : des archives de jour­naux de médecine du XVI­I­Ième siè­cle ; un logi­ciel d’analyse de réseaux soci­aux et de con­tro­ver­s­es ; un mot-clef cir­cu­lant dans les textes, l’ « open », comme dans « open access » ; les textes his­toriques sur les arts de mémoires et leur formes sur le web ; des tas de « tweets » et des con­ver­sa­tions en ligne et hors ligne avec des per­son­nes qui cri­tiquent l’usage des vac­cins ; des pages et des vidéos YouTube en rap­port avec le goût pour la lit­téra­ture ; des textes juridiques et des dis­cus­sions de chercheur en col­loque sur les don­nées per­son­nelles ; des cor­pus de trois grands jour­naux numérisés sur plusieurs siè­cles ; un cor­pus de 300 ouvrages de cri­tique lit­téraire faisant inter­venir un dis­cours de ratio­nal­ité scientifique.

On voit com­bi­en il est à ce stade dif­fi­cile de dégager une cohérence et de con­cevoir le numérique dans la recherche doc­tor­ale comme un con­cept trans­ver­sal. Le car­ac­tère hétéro­clite des objets est à la mesure de la diver­sité des prob­lé­ma­tiques : on pour­rait à la lim­ite aller jusqu’à dire qu’il n’y a pas de recherche « sur le numérique » puisque chaque prob­lé­ma­tique se situe à un niveau de général­ité qui n’est pas celui de l’internet, de l’informatique ou du cal­cul : les études con­cer­nent des mou­ve­ments soci­aux, des pra­tiques cul­turelles, des tech­nolo­gies intel­lectuelles comme les arts de mémoire, des logi­ciels comme GEPHY, des sites comme Face­book, les normes juridiques, l’économie de l’édition sci­en­tifique, etc. Si tous les objets ont une réso­nance sociale ou sci­en­tifique assez large, ils sont tou­jours reliés à des objets tra­di­tion­nels de la soci­olo­gie, des SIC, de la philoso­phie, de la lit­téra­ture (même dans le cas d’une méta­mor­phoses des textes en “don­nées”), il y a plus un jeu sur les marges des cor­pus et des ter­rains, et sur les manières de les inter­roger, qu’il n’y a d’objets nou­veaux ou spec­tac­u­laire­ment “hybrides”.

Un cas particulier : l’analyse de corpus numérisés

L’exception rel­a­tive cor­re­spond à la dernière séance con­sacré à des pro­jets de numéri­sa­tion de cor­pus  avec Pierre-Carl Langlais et Marine Riguet, qui par­ticipent tous les deux à des pro­jets de « numéri­sa­tion de cor­pus » (Numa­presse / OBVIL). Pour Pierre-Carl Langlais, qui numérise des cor­pus de presse du XIXème siè­cle, objet priv­ilégié des Sci­ences de l’in­for­ma­tion et de la com­mu­ni­ca­tion, pren­dre des cor­pus de très grande quan­tité les soumet­tre à des logiques de tri automa­tique per­met de faire émerg­er des ques­tions orig­i­nales, et la lec­ture dis­tante per­met de faire appa­raître des nou­velles choses : cir­cu­la­tion inter­na­tionale des nou­velles, remise en cause des par­ti-pris sur l’histoire des femmes écrivains (dis­pari­tion de la roman­cière plutôt que son avène­ment), une déf­i­ni­tion com­pos­ite et dynamique du genre jour­nal­is­tique (liée à la péri­od­ic­ité, à l’espace sur la page, à l’homogénéité lex­i­cale, aux sig­na­tures). Pour Marine Riguet, il faut plutôt sépar­er la ques­tion de l’intérêt des traite­ment sta­tis­tiques automa­tisé de celui des cor­pus mas­sifs et utilis­er le traite­ment sta­tis­tique pour accom­pa­g­n­er une lec­ture rap­prochée de cor­pus de taille moyenne (350 ouvrages).

Au-delà de ces dif­férences, ces deux recherch­es se rap­prochent sur plusieurs aspects : l’usage d’outils sta­tis­tiques et infor­ma­tiques sur des cor­pus d’humanités vient d’une déci­sion per­son­nelle qui se fait avant tout par des ren­con­tres ou des expéri­men­ta­tions plutôt que par une injonc­tion ou des pro­grammes des labos, même s’il y a affil­i­a­tion à des pro­jets col­lec­tifs en cours de route ; les out­ils util­isés sont con­stru­its voire « bricolés » ad hoc soit pour le chercheur lui-même, soit en dis­cus­sion avec des ingénieurs de recherche (Marine Riguet), soit par le pas­sage de la main à la main de petites fonc­tions logi­cielles et sans cesse réa­justés en fonc­tion des prob­lé­ma­tiques et des intu­itions des chercheurs, ils ont un rôle heuris­tique, de sou­tien cog­ni­tif à une démarche réflex­ive et soucieuse de ne pas per­dre de vue les choix qui ont présidé à leur con­fig­u­ra­tion. Les out­ils sta­tis­tiques peu­vent sug­gér­er des petites ques­tions locales ou inviter à penser dif­férem­ment les caté­gories de la for­ma­tion d’un genre de dis­cours par exem­ple, en invi­tant à réfléchir à la façon de cal­culer  « cen­tral­ité » d’un auteur dans un cor­pus, selon le « pur nom­bre » de cita­tions ou sa « posi­tion médi­atrice » vis-à-vis de dif­férents réseaux d’auteurs.

Les enjeux se super­posent : pro­pos­er des cor­pus numérisés pour d’autre chercheurs, inter­roger les lim­ites des caté­gories sur les gen­res de dis­cours (qu’est-ce qu’un genre jour­nal­is­tique ? qu’est-ce que la cri­tique lit­téraire ?), trou­ver des nou­veaux moyens de répon­dre à des ques­tions tra­di­tion­nelles, ou prof­iter des cor­pus déjà numérisés et de la plas­tic­ité des logi­ciels pour “tester” des petites hypothès­es nou­velles  : « pourquoi pas voir ce que ça don­nerait de… ». Les deux recherch­es “out­il­lées” parta­gent en out­re un intérêt fort pour les ques­tions de for­ma­tion dis­cur­sives et de généricité.

Cela peut don­ner des posi­tion­nements hybrides : une réflex­ion pointue sur les for­ma­tions dis­cur­sives, dans la lignée de Fou­cault, qui peut s’articuler avec des soucis très opéra­toires exprimés en ter­mes d’efficacité… Une oscil­la­tion ou artic­u­la­tion entre des ques­tions qu’on aurait pu penser incompatibles.

Sans ren­tr­er dans les détails de la dis­cus­sion assez riche de ce jour-là, on peut dire que ces chercheurs nous don­nent une fig­ure inver­sée de la pra­tique des out­ils d’analyse de réseau comme GEPHI analysé par Jean-Edouard Big­ot dans son statut d’outil qui com­porte une théorie sci­en­tifique « embar­quée » et qui cor­re­spond à une stan­dard­i­s­a­tion du regard sci­en­tifique au tra­vers de dif­férentes disciplines.

En effet, sur la ques­tion de la visu­al­i­sa­tion de don­nées en par­ti­c­uli­er des graphes, pour Jean-Edouard Big­ot, un out­il comme GEPHY com­prend une épisté­molo­gie inté­grée qui en voy­ageant de la biolo­gie vers l’analyse de réseaux soci­aux, et en étant util­isé de manière rou­tinière, finit par créer une com­préhen­sion sim­pliste des phénomènes soci­aux. Pas­cal Bué a égale­ment remar­qué que du point de vue de la prag­ma­tique de la recherche, ces logi­ciels était sou­vent une manière de se con­forter dans une com­pé­tence de recherche, via la pro­duc­tion rapi­de de résul­tats com­mu­ni­ca­bles, et dans la mise en scène de cette com­pé­tence comme exper­tise, via les con­no­ta­tions d’objectivité en même temps que la séduc­tion de ces représen­ta­tions visuelles. Or dans les présen­ta­tions de Pierre-Carl Langlais et de Marine Riguet, la présen­ta­tion de graphes était tou­jours assor­ti d’un com­men­taire sur les choix qui ont con­duit à en isol­er les caté­gories et les paramètres, l’accent était mis sur leur rôle d’appui dans la con­struc­tion de la réflex­ion, et la présen­ta­tion de ce type de dia­pos­i­tive était à chaque fois accom­pa­g­né de com­men­taires qui invi­tait à de ne pas les lire comme une « vue » plus objec­tive sur les phénomènes en ques­tion mais comme une manière de les penser différemment.

Des tendances dans le positionnement vis-à-vis de conditions partagées

Mal­gré l’ab­sence d’unité des objets de recherche et des prob­lé­ma­tiques dans les recherch­es des doc­tor­ants qui se sont saisies l’invitation à venir par­ler autour du tra­vail con­cret sur ou avec le « numérique », on voit se dégager cer­taines tendances :

-     Les con­di­tions de la recherche retournées en prob­lé­ma­tiques var­iées. Cela les con­duit donc à des recherch­es sur les pra­tiques et imag­i­naires sci­en­tifiques et la façon ils sont affec­tées par les poli­tiques de l’innovation, la sta­tis­tique, des out­ils stan­dard­is­és, de l’ouverture des doc­u­ments et les change­ments dans la tem­po­ral­ité et la vis­i­bil­ité des proces­sus de pro­duc­tion des savoirs, ces change­ments étant sus­cep­ti­ble d’affecter la ges­tion et la cir­cu­la­tion des don­nées  : Math­ieu Cor­teel, Jean-Edouard Big­ot, Julien Rossi, Celya Gru­son Daniel.

-     Les change­ments dans les for­mats doc­u­men­taires et les médias représen­tent un point de ten­sion et un défi pour une recherche qui vise autre chose, comme Marine Sigu­ier (sur la cri­tique lit­téraire en ligne) et Paul Escan­de Gui­et (sur les mou­ve­ments anti vac­cins) qui se deman­dent si il est encore pos­si­ble d’isoler et de délim­iter des com­mu­nautés de dis­cours ou de pra­tiques quand les textes cir­cu­lent et que leurs con­di­tions insti­tu­tion­nelles sont floues, ou Dona­tien Aubert (sur les représen­ta­tions du savoir)

-     Des méthodolo­gies sta­tis­tiques et des out­ils infor­ma­tiques sont adop­tées pour traiter des cor­pus, les recherch­es s’insèrent dans des pro­jets de numéri­sa­tion de cor­pus soutenus à des échelles insti­tu­tion­nelles plus « hautes » que le lab­o­ra­toire, ces cor­pus étant alors analysé à par­tir de prob­lé­ma­tiques qui peu­vent relever d’un intérêt de recherche per­son­nel mais aus­si à par­tir de l’opportunité de pro­duire des résul­tats à dif­férents niveaux d’analyse ou pour dif­férentes com­mu­nautés de recherche (« index­er pour don­ner à lire à d’autres », selon la for­mule d’Yves Jean­neret) : il y a un côté ludique et oppor­tuniste, sans que ce mot soit ici péjo­ratif, qui définit encore un style à part entière de désir de recherche. C’est ici que le terme de « numérique » est le plus volon­tiers revendiqué, pour inclure l’originalité des « human­ités numériques » et faire appa­raître une logique à la fois instru­men­tale et expéri­men­tale là où ne l’attendait pas forcément.

Le sémi­naire nous con­duit à partager des expéri­ences et des savoirs qui sont liés aux inter­stices du tra­vail de thèse, qui ne sont pas néces­saire­ment des résul­tats ou des méth­odes mais une sen­si­bil­ité à tout ce qui con­di­tionne la recherche sans néces­saire­ment en faire partie. 

Il nous fait voir aus­si que la jeune recherche en rela­tion avec la thé­ma­tique « numérique » ne se réduit pas aux human­ités numériques, ou des travaux qui tour­nent autour de la mod­éli­sa­tion, mais con­cer­nent un groupe plus large de chercheurs qui s’intéressent à la portée des cal­culs, au partage des out­ils dans les sci­ences humaines et dans les sci­ences physiques et math­é­ma­tiques, au rap­port de la recherche avec les mon­des de l’innovation, avec les plate­formes de pub­li­ca­tion, avec les asso­ci­a­tions d’ « open access ».

Cer­tains mod­élisent et codent toute la journée, d’autres alter­nent entre con­struc­tion d’outils et lec­ture fine des cor­pus, d’autres réfléchissent sur les injonc­tions à pro­duire de la don­née en médecine ou la séduc­tion des logi­ciels d’analyse de réseaux, d’autres encore voudraient fon­dre la recherche dans des activ­ités de pub­li­ca­tion et de social­i­sa­tion qui sont celles des arts tech­niques ou de l’activisme.

En écho aux réflex­ions dégagées par l’axe épisté­molo­gie de Transnum, on y trou­ve autant des démarch­es de pro­duc­tion de savoirs inspirés par l’horizon du cal­cul, de la com­bi­na­toire, de la pro­duc­tion de mod­èles du réel, de l’intégration entre dif­férents domaines soci­aux via les out­ils, que des recherch­es qui cherchent à éval­uer les écarts irré­ductibles qui per­sis­tent entre les mod­éli­sa­tions, ou la spé­ci­ficité de valeurs et de représen­ta­tions du monde par­ti­c­ulières, notam­ment en faisant pro­lifér­er les imag­i­naires his­toriques et sci­en­tifiques sou­vent con­fon­dus dans le terme de « numérique », des math­é­ma­tiques en médecine à dif­férentes vari­antes de cyberné­tique, en pas­sant par l’idéal de libre cir­cu­la­tion des savoirs.

Un espace pour interroger la composition entre dimensions instrumentales et expérimentales de la recherche

Par­mi cet ensem­ble de recherch­es, de pos­tures et d’objectifs, entre la recherche « avec » les out­ils et le cal­cul et « sur » leur rôle dans la recherche et dans la société, c’est à la pro­duc­tion de grands cor­pus, de mod­èles et d’outils trans­férables qu’on va voir attribuer le plus facile­ment l’adjectif « numérique ». Si l’on prend un peu de recul sur notre pro­pre tra­vail d’organisation, le sémi­naire est d’ailleurs lui-même embar­qué dans ce mou­ve­ment général qui con­stitue à pro­duire l’idée qu’il peut y avoir quelque chose comme une « numéric­ité » des recherch­es, qui leur donne une valeur insti­tu­tion­nelle et sociale spécifique.

L’in­térêt du sémi­naire, dès lors, plutôt que de se posi­tion­ner avec ou con­tre cet effet de label­li­sa­tion — cer­tains invités n’hésitant pas à dire leur méfi­ance face à ce mot qui crée du flou voire des prob­lèmes sci­en­tifiques – était sa pos­si­bil­ité de ne pas avoir à choisir et d’avoir l’occasion d’être un espace de dis­cus­sion entre les objec­tifs de mod­éli­sa­tion et les objec­tifs de cri­tique, entre les pos­tures de con­tri­bu­tion à la cir­cu­la­tion des con­nais­sances et les pos­tures d’attention à la façon dont la cir­cu­la­tion des out­ils ou des dis­cours écrasent par­fois les dif­férences et les sin­gu­lar­ités… Ces deux ten­dances, entre le goût de l’efficacité, de la dif­fu­sion, de l’interdiscipline d’un côté, et le souci de la nuance, de la con­sol­i­da­tion théorique, des sin­gu­lar­ités de l’autre, étant d’ailleurs moins répar­ties entre des chercheurs dif­férents qu’elles ne cohab­itaient et se négo­ci­aient dans le tra­vail de chacun.

On voit que penser com­ment on « fait avec le numérique », c’est se saisir des dis­cours de rup­ture, d’un décloi­son­nement cor­pus ou d’outils dont on est par­fois peu fam­i­liers pour se don­ner l’occasion d’accentuer les ques­tions d’épistémologie, de méth­odes, de sit­u­a­tions de la recherche, de zones fron­tières entre les dis­ci­plines. On peut espér­er que le sémi­naire con­tin­ue d’accueillir et d’animer un espace où l’on se donne le droit de penser ensem­ble ces tensions.

Pauline Brouard et Guil­laume Heuguet.

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